De Artik à Magadan

le 9 novembre 2014 dans Non classé

Après plusieurs jours passés à Artik, nous avons décidé de reprendre la route, en stop toujours. Nous avons roulé jusqu’à la sortie du village. En 3h pas une seule voiture ni camion ni dans un sens ni dans l’autre. Afin de nous réchauffer nous avions allumé un feu sur le bas-côté. Soudain deux camions roulant ensemble sont arrivés. J’arrête le premier et lui demande s’il peut nous emmener et où il va. Il me dit qu’il va jusqu’à une carrière de charbon au milieu de nulle part, à 140km de là mais qu’il n’y a pas de problème, car de là-bas on devrait trouver un camion qui va de l’autre côté de la carrière. C’est ainsi que, chacun dans un camion, nous sommes arrivés à la station de pesage des camions de charbon. Entre temps, nous avions dit au revoir à la Yakoutie pour entrer dans la région de Magadan et pris encore une heure de plus. C’était la fin de l’après midi et aucun camion allant en direction de Magadan, n’était passé. A 20h au moment de fermer, la dame qui s’occupe du pesage nous adresse enfin la parole, toute souriante. Elle nous explique que le lendemain matin il devrait y avoir des camions pour Susuman, que là elle va fermer- et qu’elle ré-ouvre demain matin à 8h. Pensant qu’on devait donc partir, je lui demande où est-ce qu’on peut dormir et direct elle m’emmène dans les arrières pièces, où il y a une salle bureau, une salle détente avec une gaziniere une table et un lit et des toilettes. On était tout surpris, je la remercie fortement et elle me répond, ben de rien vous alliez dormir où sinon ?! Oui certes dehors il faisait un froid de canard et il y avait un fort vent qui, le lendemain matin, s’est transformé en tempête de neige…

Nous avons donc passé la nuit au chaud, enfermés à clé. Le lendemain c’est seulement à 14h20 qu’on a embarqué dans un camion de charbon pour Susuman, avec Sacha. Arrivés à Susuman en fin d’après-midi, nous avons hésité à reprendre la route ou pas et à dormir en tente, il devait faire autour des -10°C, mais comme on ne savait pas trop comment allait se passer l'auto-stop après, nous avons préféré jouer la sécurité. Au cas où, d’ici, nous pouvions prendre un bus. Nous étions en train de réfléchir où nous allions pouvoir dormir quand un monsieur en voiture, probablement un taxi est venu nous demander d’où on était. On lui a demandé où on pouvait dormir, il nous a pointé un hôtel puis un autre d’une gamme inférieure, à côté de là où nous étions. Je lui explique alors qu’on ne va pas dans les hôtels, que notre budget ne nous le permet pas. Il me dit de monter avec lui pour checker là-bas. Il explique aux dames barricadées derrière leurs barreaux que nous sommes deux voyageurs à vélo et demande le prix et avant même que j’ai pu dire quoi que ce soit il avait déjà payé pour nous. Je lui dis que non, il ne faut pas payer pour nous, ça va, il me dit que c’est ok, que ça lui fait plaisir de nous aider. On remonte en voiture pour aller chercher Damien avec les vélos, il me donne son numéro pour l’appeler au cas où. Super gentil. 

Le lendemain matin il faisait -25°C, on était plus qu’heureux de ne pas avoir dormi dehors, de plus Damien a un sac de couchage qui ne protège que jusqu’à -10°C je pense que cela aurait été un peu juste. On a revu notre bon Samaritain. On a pédalé jusqu’à un endroit qu’on pensait être la fin de la ville. Juste 3 km, suffisant pour transformer mon écharpe en glaçon, puis fait un feu. Un monsieur en 4×4 s’est arrêté pour nous proposer de venir dormir et prendre une douche dans sa station électrique, super gentil mais c’était le matin et nous étions sur le départ. Puis est arrivé un camion poubelle. Mika ne nous a plus lâchés, une histoire de dingue. D’abord, il a méga insisté pour que je monte me réchauffer dans son camion, moi j’avais mon feu j’étais bien, j’ai trouvé son insistance un peu louche. Au final il a tout de même fallu que je monte… ensuite il nous dit qu’à 3km de là, il y a je ne sais quoi où on pourra trouver plein de camions qui vont à Magadan. On lui dit qu’on peut le suivre à vélo, pas de problème. Nous voilà partis pour 1km et il s’arrête à une station essence. Il parle avec la dame et la réponse ne semble pas lui plaire. Le voilà qui sans rien nous expliquer, compresse la benne et commence à charger nos vélos. Sans vraiment comprendre ce qui se passe on l’aide, puis on monte dans le camion. On part et là il retourne sur Susuman, je lui demande alors où on va. Il me dit qu’on va manger et se reposer. J’etais folle de rage et bouillonnait à l’intérieur, j’ai juste horreur qu’on décide des choses pour moi sans même prendre la peine d’en parler. À aucun moment le type ne s’est posé la question de savoir si on avait le temps ou pas, ou si on avait envie tout simplement. En deux-deux nos vélos étaient déposés dans un garage avec les sacoches et on se retrouvait dans ce qu’il semblait être son appart, mais où il ne doit pas vivre. Il me montre direct les draps pour faire le lit, la cuisine la douche et me demande ce qu’on veut manger. On a juste halluciné, pour lui c’était clair et décidé, on restait là aujourd’hui.

On ne comprenait rien… de plus il était très tactile avec moi, ce qui n’arrangeait rien à mon agacement. Il est descendu chercher à manger, à son retour il nous a dit de nous reposer, qu’il revenait ce soir à 18h. Il est évident qu’il a dû sentir que quelque chose ne me plaisait pas, 10 minutes après, il revenait avec une rose rouge. C’était certes très gentil, comme son invitation d’ailleurs mais honnêtement je ne savais pas quoi en penser. Au final, il est revenu à 16h, nous étions super mal à l’aise de la situation qui nous était imposée sans en comprendre les intentions. Il a dû le sentir, il est resté 30 min, a bu 2 cognacs et nous a dit à demain matin 9h. On est resté comme des cons…  Il voulait qu’on prenne un taxi pour aller à Magadan, on lui a dit qu’on voulait y aller en camion, que les taxis c’était bien trop cher, il était plus que pessimiste comme tous d’ailleurs qu’on puisse trouver mais bon, le lendemain matin il est arrivé en avance l’air plus que déprimé, on a été récupérer nos vélos et refait la route par -20° jusqu’à la fin de la ville cette fois, soit environ 5km je pense. Et à peine étions-nous arrivés à l'endroit où nous pensions nous arrêter un camion arrive, vite je l’arrête, un monsieur tout sourire en sort, je lui demande s’il peut nous emmener il me dit oui, je lui demande où il va, il répond Magadan.

Nuits

Budget

Après plusieurs jours passés à Artik, nous avons décidé de reprendre la route, en stop toujours. Nous avons roulé jusqu’à la sortie du village. En 3h pas une seule voiture ni camion ni dans un sens ni dans l’autre. Afin de nous réchauffer nous avions allumé un feu sur le bas-côté. Soudain deux camions roulant ensemble sont arrivés. J’arrête le premier et lui demande s’il peut nous emmener et où il va. Il me dit qu’il va jusqu’à une carrière de charbon au milieu de nulle part, à 140km de là mais qu’il n’y a pas de problème, car de là-bas on devrait trouver un camion qui va de l’autre côté de la carrière. C’est ainsi que, chacun dans un camion, nous sommes arrivés à la station de pesage des camions de charbon. Entre temps, nous avions dit au revoir à la Yakoutie pour entrer dans la région de Magadan et pris encore une heure de plus. C’était la fin de l’après midi et aucun camion allant en direction de Magadan, n’était passé. A 20h au moment de fermer, la dame qui s’occupe du pesage nous adresse enfin la parole, toute souriante. Elle nous explique que le lendemain matin il devrait y avoir des camions pour Susuman, que là elle va fermer- et qu’elle ré-ouvre demain matin à 8h. Pensant qu’on devait donc partir, je lui demande où est-ce qu’on peut dormir et direct elle m’emmène dans les arrières pièces, où il y a une salle bureau, une salle détente avec une gaziniere une table et un lit et des toilettes. On était tout surpris, je la remercie fortement et elle me répond, ben de rien vous alliez dormir où sinon ?! Oui certes dehors il faisait un froid de canard et il y avait un fort vent qui, le lendemain matin, s’est transformé en tempête de neige…

Nous avons donc passé la nuit au chaud, enfermés à clé. Le lendemain c’est seulement à 14h20 qu’on a embarqué dans un camion de charbon pour Susuman, avec Sacha. Arrivés à Susuman en fin d’après-midi, nous avons hésité à reprendre la route ou pas et à dormir en tente, il devait faire autour des -10°C, mais comme on ne savait pas trop comment allait se passer l'auto-stop après, nous avons préféré jouer la sécurité. Au cas où, d’ici, nous pouvions prendre un bus. Nous étions en train de réfléchir où nous allions pouvoir dormir quand un monsieur en voiture, probablement un taxi est venu nous demander d’où on était. On lui a demandé où on pouvait dormir, il nous a pointé un hôtel puis un autre d’une gamme inférieure, à côté de là où nous étions. Je lui explique alors qu’on ne va pas dans les hôtels, que notre budget ne nous le permet pas. Il me dit de monter avec lui pour checker là-bas. Il explique aux dames barricadées derrière leurs barreaux que nous sommes deux voyageurs à vélo et demande le prix et avant même que j’ai pu dire quoi que ce soit il avait déjà payé pour nous. Je lui dis que non, il ne faut pas payer pour nous, ça va, il me dit que c’est ok, que ça lui fait plaisir de nous aider. On remonte en voiture pour aller chercher Damien avec les vélos, il me donne son numéro pour l’appeler au cas où. Super gentil. 

Le lendemain matin il faisait -25°C, on était plus qu’heureux de ne pas avoir dormi dehors, de plus Damien a un sac de couchage qui ne protège que jusqu’à -10°C je pense que cela aurait été un peu juste. On a revu notre bon Samaritain. On a pédalé jusqu’à un endroit qu’on pensait être la fin de la ville. Juste 3 km, suffisant pour transformer mon écharpe en glaçon, puis fait un feu. Un monsieur en 4×4 s’est arrêté pour nous proposer de venir dormir et prendre une douche dans sa station électrique, super gentil mais c’était le matin et nous étions sur le départ. Puis est arrivé un camion poubelle. Mika ne nous a plus lâchés, une histoire de dingue. D’abord, il a méga insisté pour que je monte me réchauffer dans son camion, moi j’avais mon feu j’étais bien, j’ai trouvé son insistance un peu louche. Au final il a tout de même fallu que je monte… ensuite il nous dit qu’à 3km de là, il y a je ne sais quoi où on pourra trouver plein de camions qui vont à Magadan. On lui dit qu’on peut le suivre à vélo, pas de problème. Nous voilà partis pour 1km et il s’arrête à une station essence. Il parle avec la dame et la réponse ne semble pas lui plaire. Le voilà qui sans rien nous expliquer, compresse la benne et commence à charger nos vélos. Sans vraiment comprendre ce qui se passe on l’aide, puis on monte dans le camion. On part et là il retourne sur Susuman, je lui demande alors où on va. Il me dit qu’on va manger et se reposer. J’etais folle de rage et bouillonnait à l’intérieur, j’ai juste horreur qu’on décide des choses pour moi sans même prendre la peine d’en parler. À aucun moment le type ne s’est posé la question de savoir si on avait le temps ou pas, ou si on avait envie tout simplement. En deux-deux nos vélos étaient déposés dans un garage avec les sacoches et on se retrouvait dans ce qu’il semblait être son appart, mais où il ne doit pas vivre. Il me montre direct les draps pour faire le lit, la cuisine la douche et me demande ce qu’on veut manger. On a juste halluciné, pour lui c’était clair et décidé, on restait là aujourd’hui.

On ne comprenait rien… de plus il était très tactile avec moi, ce qui n’arrangeait rien à mon agacement. Il est descendu chercher à manger, à son retour il nous a dit de nous reposer, qu’il revenait ce soir à 18h. Il est évident qu’il a dû sentir que quelque chose ne me plaisait pas, 10 minutes après, il revenait avec une rose rouge. C’était certes très gentil, comme son invitation d’ailleurs mais honnêtement je ne savais pas quoi en penser. Au final, il est revenu à 16h, nous étions super mal à l’aise de la situation qui nous était imposée sans en comprendre les intentions. Il a dû le sentir, il est resté 30 min, a bu 2 cognacs et nous a dit à demain matin 9h. On est resté comme des cons…  Il voulait qu’on prenne un taxi pour aller à Magadan, on lui a dit qu’on voulait y aller en camion, que les taxis c’était bien trop cher, il était plus que pessimiste comme tous d’ailleurs qu’on puisse trouver mais bon, le lendemain matin il est arrivé en avance l’air plus que déprimé, on a été récupérer nos vélos et refait la route par -20° jusqu’à la fin de la ville cette fois, soit environ 5km je pense. Et à peine étions-nous arrivés à l'endroit où nous pensions nous arrêter un camion arrive, vite je l’arrête, un monsieur tout sourire en sort, je lui demande s’il peut nous emmener il me dit oui, je lui demande où il va, il répond Magadan.

1 commentaire

  • chami chamo dit :

    Haha les - 25°C à vélo je te les laaaaaaaaaaaaaaaaaaaiiiiiiiiissssssssssssse !!!

    Elle est terrible cette séquence ! Le type vous a peut-être sauvé la vie qui sait !?! Il a dû avoir la trouille pour vous, les autochtones sont toujours en train de douter des capacités des étrangers qui ne connaissent pas leur environnement ou leur culture.

Top

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l‘utilisation de cookies destinés à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés.

En savoir plus X