De Yakustk à Artik

le 9 novembre 2014 dans Non classé

Tout se passait bien à notre départ de Yakutsk, après avoir fait un check-up complet des vélos nous étions prêts à tout affronter, enfin presque. Nous avons pris le ferry afin de re-traverser la Lena et poursuivre notre route de village en village, afin de dormir au chaud et s’habituer doucement aux chutes de températures. C’est ainsi que nous avons rencontré Victor, un homme super, qui vit seul dans une magnifique petite maison très bien entretenue. Il a perdu sa femme il y a 34 ans et a dû élever seul ses 3 enfants qui aujourd’hui sont grands et loin… Ensuite, sur la route, nous avons rencontré Kecha, il travaille à l’entretien de cette route, il nous a proposé de venir dormir chez lui dans sa famille, à 50 km, au final c’était à 70 km, nous en avions déjà fait 40, nous sommes arrivés épuisés mais heureux de rencontrer Nadia sa femme et leur fils, nous avons passé une bonne soirée, joué au bowling sur la console de jeux, mangé des spécialités de la Yakoutie et dormi au chaud encore. Le lendemain, un vent de face, malgré un magnifique soleil nous a fait perdre beaucoup de temps, nous n‘avions pas atteint la ville envisagée et avons trouvé refuge dans un petit village, où nous avons été invités à dormir dans un local ethnique, nous étions déjà installés quand un autre jeune homme est venu nous proposer d’aller chez lui, c’était très gentil, mais trop tard, on ne voulait pas tout remballer, de plus comme ils n’avaient pas la clé du local il avait cassé le verrou on ne pouvait donc pas laisser le local comme ça, une sacrée histoire… Puis, la nuit avant de traverser la rivière Aldan, nous avons trouvé sur le bord de la route une ancienne cabane en bois qui nous a servi de refuge, un peu bancale certes, mais on y a très bien dormi. Ensuite, on a pris le ferry encore et avons rejoint Khandyga, où nous avons rencontré Igor, un ami d’ami, dont j’avais le numéro de téléphone. On y est resté 2 nuits. Celui-ci nous avait donné le numéro d’un ami dans le village suivant, il l’avait appelé pour lui demander s’il pouvait nous héberger. Arrivés de bonne heure au village, nous n‘avons jamais pu joindre cet ami et c’est Marcha un homme rencontré dans le village qui nous a trouvé un appart pour la nuit… Ensuite, nous avons tout de même passé une nuit dans notre tente, il faisait doux, -5°C. La nuit suivante, nous nous sommes fait inviter dans un wagon sur un campement de travailleurs, c’était pas gagné mais bon, au final on aura eu droit à un repas chaud et un bania !!!

Ensuite, nous avons connu nos premiers -20°C à vélo, on commençait à geler quand nous sommes arrivés à la station météo, accueillis par Jegnia et Tania, morte de rire, de nous voir là, mais habitués à recevoir des voyageurs en tout genre… On est resté 5 nuits là-bas, qu’est-ce qu’on était bien ! Nous attendions l’arrivée d’un groupe de rennes en transhumance. Au final on n’aura pas vu ceux qu'on attendait mais d’autres petits attelages… Quand nous avons enfin repris la route, notre objectif était un café, le seul avant une très longue distance de plus de 230 km avant Ust Nera. La nuit est tombée plus vite qu’on ne pensait et lorsqu’on a demandé si on pouvait dormir ici, la dame très aimable comme dans presque tous les cafés de bord de route ici nous a dit non, on s’est donc retrouvé comme deux cons, à la nuit, sans pouvoir reprendre la route ni planter la tente. Heureusement nous sommes tombés dans la cour sur Vladimir et son ami, qui nous ont proposé tout de suite de venir dormir avec eux dans leur cabane de chantier, deux km avant. Le lendemain c’est avec la neige que nous sommes repartis, c’était magnifique, il ne faisait pas très froid, -10°C, du fait qu’il y avait de la neige on ne glissait pas trop, mais nous étions tout de même méga concentrés sur la route, ayant déjà chacun quelques chutes à notre actif. Cela faisait plusieurs jours que nous roulions sur une route enneigée et glacée, c’est donc la tête dans le guidon à scruter le moindre relief de la route pour ne pas tomber que nous évoluions. Cette journée-là, moi j’en avais ras le bol, à quoi bon, ne pas pouvoir profiter du paysage, de peur de relever le nez et tomber au risque de se faire mal… À plusieurs reprises, je poussai mon vélo afin de pouvoir regarder autour de moi, ceci ne me convenait plus du tout, déjà qu’à la base je n’aime pas le vélo, cela faisait encore un point négatif de plus. Nous nous sommes arrêtés sur le bord de la route pour y faire un feu et manger. Nous n‘avions pas encore vu une seule voiture ou camion dans notre sens de la journée, quand deux camions dans le sens inverse freinent pour nous dire qu’il y avait des ours sur la route à quelques km, il ne manquait plus que ça et nous qui pensions qu’ils hibernaient maintenant, bref on a pris notre temps pour manger et alors qu’on se réchauffait un camion dans notre sens est passé et j’ai alors décidé de l’arrêter. C’est donc en camion que nous sommes arrivés à la nuit à Ust Nera, sans regret au vu de la route. Là-bas un chauffeur de taxi nous a proposé son aide et on s’est retrouvé dans un appart tout seuls, le pied encore !

Le lendemain matin on a décidé de retenter le vélo, on a fait 10 km sur probablement la pire route verglacée qu’on ait eue jusqu’à maintenant et avons donc arrêté le premier camion qu’on a vu, et nous sommes enfin arrivés à Artik chez Elenia et Victor un couple formidable, qu’on avait rencontré quelques semaines auparavant sur la route et qui nous avaient invités à venir chez eux à notre passage. Voilà, on va sûrement repartir demain en camion toujours, hors de question de se casser une jambe à 15 jours du départ… Je vous parlerai de la suite prévue la prochaine fois, ça sent les vacances...

Nuits

Budget

Tout se passait bien à notre départ de Yakutsk, après avoir fait un check-up complet des vélos nous étions prêts à tout affronter, enfin presque. Nous avons pris le ferry afin de re-traverser la Lena et poursuivre notre route de village en village, afin de dormir au chaud et s’habituer doucement aux chutes de températures. C’est ainsi que nous avons rencontré Victor, un homme super, qui vit seul dans une magnifique petite maison très bien entretenue. Il a perdu sa femme il y a 34 ans et a dû élever seul ses 3 enfants qui aujourd’hui sont grands et loin… Ensuite, sur la route, nous avons rencontré Kecha, il travaille à l’entretien de cette route, il nous a proposé de venir dormir chez lui dans sa famille, à 50 km, au final c’était à 70 km, nous en avions déjà fait 40, nous sommes arrivés épuisés mais heureux de rencontrer Nadia sa femme et leur fils, nous avons passé une bonne soirée, joué au bowling sur la console de jeux, mangé des spécialités de la Yakoutie et dormi au chaud encore. Le lendemain, un vent de face, malgré un magnifique soleil nous a fait perdre beaucoup de temps, nous n‘avions pas atteint la ville envisagée et avons trouvé refuge dans un petit village, où nous avons été invités à dormir dans un local ethnique, nous étions déjà installés quand un autre jeune homme est venu nous proposer d’aller chez lui, c’était très gentil, mais trop tard, on ne voulait pas tout remballer, de plus comme ils n’avaient pas la clé du local il avait cassé le verrou on ne pouvait donc pas laisser le local comme ça, une sacrée histoire… Puis, la nuit avant de traverser la rivière Aldan, nous avons trouvé sur le bord de la route une ancienne cabane en bois qui nous a servi de refuge, un peu bancale certes, mais on y a très bien dormi. Ensuite, on a pris le ferry encore et avons rejoint Khandyga, où nous avons rencontré Igor, un ami d’ami, dont j’avais le numéro de téléphone. On y est resté 2 nuits. Celui-ci nous avait donné le numéro d’un ami dans le village suivant, il l’avait appelé pour lui demander s’il pouvait nous héberger. Arrivés de bonne heure au village, nous n‘avons jamais pu joindre cet ami et c’est Marcha un homme rencontré dans le village qui nous a trouvé un appart pour la nuit… Ensuite, nous avons tout de même passé une nuit dans notre tente, il faisait doux, -5°C. La nuit suivante, nous nous sommes fait inviter dans un wagon sur un campement de travailleurs, c’était pas gagné mais bon, au final on aura eu droit à un repas chaud et un bania !!!

Ensuite, nous avons connu nos premiers -20°C à vélo, on commençait à geler quand nous sommes arrivés à la station météo, accueillis par Jegnia et Tania, morte de rire, de nous voir là, mais habitués à recevoir des voyageurs en tout genre… On est resté 5 nuits là-bas, qu’est-ce qu’on était bien ! Nous attendions l’arrivée d’un groupe de rennes en transhumance. Au final on n’aura pas vu ceux qu'on attendait mais d’autres petits attelages… Quand nous avons enfin repris la route, notre objectif était un café, le seul avant une très longue distance de plus de 230 km avant Ust Nera. La nuit est tombée plus vite qu’on ne pensait et lorsqu’on a demandé si on pouvait dormir ici, la dame très aimable comme dans presque tous les cafés de bord de route ici nous a dit non, on s’est donc retrouvé comme deux cons, à la nuit, sans pouvoir reprendre la route ni planter la tente. Heureusement nous sommes tombés dans la cour sur Vladimir et son ami, qui nous ont proposé tout de suite de venir dormir avec eux dans leur cabane de chantier, deux km avant. Le lendemain c’est avec la neige que nous sommes repartis, c’était magnifique, il ne faisait pas très froid, -10°C, du fait qu’il y avait de la neige on ne glissait pas trop, mais nous étions tout de même méga concentrés sur la route, ayant déjà chacun quelques chutes à notre actif. Cela faisait plusieurs jours que nous roulions sur une route enneigée et glacée, c’est donc la tête dans le guidon à scruter le moindre relief de la route pour ne pas tomber que nous évoluions. Cette journée-là, moi j’en avais ras le bol, à quoi bon, ne pas pouvoir profiter du paysage, de peur de relever le nez et tomber au risque de se faire mal… À plusieurs reprises, je poussai mon vélo afin de pouvoir regarder autour de moi, ceci ne me convenait plus du tout, déjà qu’à la base je n’aime pas le vélo, cela faisait encore un point négatif de plus. Nous nous sommes arrêtés sur le bord de la route pour y faire un feu et manger. Nous n‘avions pas encore vu une seule voiture ou camion dans notre sens de la journée, quand deux camions dans le sens inverse freinent pour nous dire qu’il y avait des ours sur la route à quelques km, il ne manquait plus que ça et nous qui pensions qu’ils hibernaient maintenant, bref on a pris notre temps pour manger et alors qu’on se réchauffait un camion dans notre sens est passé et j’ai alors décidé de l’arrêter. C’est donc en camion que nous sommes arrivés à la nuit à Ust Nera, sans regret au vu de la route. Là-bas un chauffeur de taxi nous a proposé son aide et on s’est retrouvé dans un appart tout seuls, le pied encore !

Le lendemain matin on a décidé de retenter le vélo, on a fait 10 km sur probablement la pire route verglacée qu’on ait eue jusqu’à maintenant et avons donc arrêté le premier camion qu’on a vu, et nous sommes enfin arrivés à Artik chez Elenia et Victor un couple formidable, qu’on avait rencontré quelques semaines auparavant sur la route et qui nous avaient invités à venir chez eux à notre passage. Voilà, on va sûrement repartir demain en camion toujours, hors de question de se casser une jambe à 15 jours du départ… Je vous parlerai de la suite prévue la prochaine fois, ça sent les vacances...

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