Mongolie

Le silence face à une nature des plus grandioses… Il se dégage quelque chose de magique dans ce pays, que nous avons ressenti dès les premiers mètres. Mon vocabulaire n’est pas assez riche pour exprimer ce sentiment de béatitude et de zénitude qui règne ici. J’aime ce pays, cela ne fait pas une semaine que nous sommes arrivés, nous avons parcouru plus de 470 km et vécu déjà tellement de choses qu’on a l’impression d’être ici depuis des mois… Cela faisait seulement 2 jours que nous étions là quand par le plus grand des hasards nous nous sommes retrouvés dans un village 1h avant une cérémonie, avec costumes et musique traditionnelle, pour fêter la fin de l’année scolaire et le passage dans le secondaire si j’ai bien compris… c’était vraiment superbe, un groupe a joué un air de musique avec un instrument traditionnel Morin huur (« violon » à tête de cheval) j’ai juste failli fondre en sanglots tellement c’était beau et prenant, je me suis retenue et mes lunettes ont pu cacher les quelques larmes échappées… malheureusement ce morceau était bien trop court à mon goût, ensuite il y a eu des danses, le tout, pendant 1h et fini. Après une petite erreur de parcours nous avons dû couper à travers des champs de cailloux pour rejoindre une belle route asphaltée, mais les vibrations ont desserré la vis du guidon de Nico, impossible de rouler, nous avons donc arrêté la première voiture qui passait, car on n’avait pas de tournevis et là on tombe sur l’équipe féminine olympique de boxe et on n’a même pas pris une photo des filles !!! Un matin, alors que nous venions de reprendre la route, nous apercevons comme des chevreuils… sinon il y a aussi les canards, les oiseaux qui font des bruits bizarres, les petites rates encore, les lézards, les chameaux…. Ensuite, nous avons attaqué la montagne et moi qui suis toujours en train de dire qu’on trouve toujours du bois partout pour utiliser le réchaud et bien là pas une brindille, pas même un soupçon de végétation, que des cailloux, mais à chaque problème sa solution, j’ai fait le feu avec du crottin de cheval !!! Après avoir passé notre col à 2700 m, de l’autre coté en bas, nous nous sommes arrêtés manger dans une yourte. Il y avait une énorme plâtrée de pâtes faites maison, avec carottes, pommes de terre et viande, le tout pour 4000 togricks soit moins de 2 euros !!! à manger avec du ketchup pimenté, un régal, et servi avec du thé. 

Jusque là c’était plutôt super et sublime, mais le désert est arrivé, ah pour être beau c’était beau certes, mais le sable, quelle idée de vouloir pédaler sur une route non asphaltée qui est, soit en mini vagues qui déglinguent tout ou bien sableuse… une horreur!!! Le premier jour de désert, on s’est tapé un vent latéral de malade en fin d’après-midi, qui nous a obligés à pousser nos vélos, mais bon on avait déjà bien avancé, un groupe d’alpinistes nous ont dit qu’on était bien courageux de vouloir traverser le désert avec ces vélos (ils auraient mieux fait de dire fous, oui!!), ils nous ont donné de l’eau et des biscuits, un vrai bonheur, car avec cette chaleur on a consommé 3 fois plus d’eau qu’à la normale, nous obligeant d'arrêter des voitures ou des camions pour leur en demander… le deuxième jour, je crève, une voiture arrive au même moment, on tombe sur des monteurs de vélos, avec plein de roues dans le coffre, sérieux, si ce n’est pas hallucinant, 3 hommes alcoolisés, un jeune sérieux et 2 femmes, voilà, qui me démontent toute ma roue alors que je ne voulais pas, je voulais juste qu‘on enlève le pneu quand, intuition féminine, ça n'a pas loupé, impossible de démonter entièrement, il a fallu 2 minutes pour réparer le pneu en laissant la roue en place et 1h30 pour remonter ce qu’ils avaient déjà essayé de démonter et tout remettre droit, inutile de dire que je bouillais dans mon coin !!! En fin de journée, du bonheur, un vent violent dans le dos nous fait avancer comme jamais, mais ça n'a pas duré longtemps, deux tempêtes de sable de chaque côté nous ont envoyé un vent violent de face, nous avons dû lutter sur 3 km pour arriver à un groupement de yourtes et se mettre à l’abri, nous avons été invités à passer la nuit dans l’une d’elles…  Avant hier, il nous restait encore 85 km avant de rejoindre Altay, nous espérions pouvoir y arriver tard dans la soirée, c’était sans compter sur l’arrivée vers 18h, d’une tempête de sable. Déjà on avait eu super chaud, la route était sableuse. Au loin nous avons vu cette tempête magnifique se former, ah s’était beau, c’était loin, puis cela s’est rapproché doucement, sans vent, c’est devenu immense. Et là, sortie de nulle part alors qu’il n'y avait qu'un désert plat à100 km à la ronde, une bergerie pointe son nez, nous décidons de vite nous y réfugier, j’ai à peine eu le temps de poser le vélo contre le muret, que la tempête nous avalait, nous nous sommes vite réfugiés sous l’abri, bien calés au fond et on a mangé du sable pendant 1h30, un truc de malade, d’une violence folle, un brouillard de sable changeant de couleur en 1 seconde, un beau spectacle que nous étions bien heureux de pouvoir observer à moitié à l’abri. Ensuite, il était trop tard pour reprendre la route et le temps toujours incertain, nous avons décidé de rester dormir sous l’abri, avec tout ce sable, on n’a même pas eu le coeur d’ouvrir nos sacs, on a dormi tout habillés, en chaussures, sans sac de couchage, moi recouverte de ma bâche de protection de sac et d’un carton. A 4h du matin, nous avions mis le réveil afin d’attaquer la route, aux premières lueurs du jour, vidés d’énergie, sur une route de plus en plus sableuse, nous avons quasiment poussé le vélo tout du long. Nous sommes arrivés chez Love, notre couchsurfeuse américaine vers 15h, bien soulagés d’en avoir fini… Infos pratiques : Les routes : il existe parait-il une nouvelle route asphaltée qui va de la frontière jusqu’à Khov, nous, on a tourné avant pour aller vers Tonhil, par une route non asphaltée et à partir de maintenant je doute qu’on retrouve de l’asphalte sur notre itinéraire, bref… Attention, à Bulgan nous on s’est planté et on n’a pas pris cette belle route, donc l’asphalte s’est arrêté à environ 62 km après la frontière, il a fallu qu’on traverse 2 km de pampa caillouteuse pour rattraper la belle route. 

Devise : le Togrick (mnt) donnait 2440 mnt pour 1 euro là où on a fait le change. Le change se fait à Bulgan, à la banque, il y a aussi un magasin où acheter une carte sim et un café internet où le mec parle un peu russe (pratique, enfin si vous parlez russe bien-sûr. Electricité : même chose que chez nous (en fait jusqu’à maintenant je n’ai encore jamais utilisé mon adaptateur universel). Le mongol : Bonne chance pour la prononciation!!!!

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Le silence face à une nature des plus grandioses… Il se dégage quelque chose de magique dans ce pays, que nous avons ressenti dès les premiers mètres. Mon vocabulaire n’est pas assez riche pour exprimer ce sentiment de béatitude et de zénitude qui règne ici. J’aime ce pays, cela ne fait pas une semaine que nous sommes arrivés, nous avons parcouru plus de 470 km et vécu déjà tellement de choses qu’on a l’impression d’être ici depuis des mois… Cela faisait seulement 2 jours que nous étions là quand par le plus grand des hasards nous nous sommes retrouvés dans un village 1h avant une cérémonie, avec costumes et musique traditionnelle, pour fêter la fin de l’année scolaire et le passage dans le secondaire si j’ai bien compris… c’était vraiment superbe, un groupe a joué un air de musique avec un instrument traditionnel Morin huur (« violon » à tête de cheval) j’ai juste failli fondre en sanglots tellement c’était beau et prenant, je me suis retenue et mes lunettes ont pu cacher les quelques larmes échappées… malheureusement ce morceau était bien trop court à mon goût, ensuite il y a eu des danses, le tout, pendant 1h et fini. Après une petite erreur de parcours nous avons dû couper à travers des champs de cailloux pour rejoindre une belle route asphaltée, mais les vibrations ont desserré la vis du guidon de Nico, impossible de rouler, nous avons donc arrêté la première voiture qui passait, car on n’avait pas de tournevis et là on tombe sur l’équipe féminine olympique de boxe et on n’a même pas pris une photo des filles !!! Un matin, alors que nous venions de reprendre la route, nous apercevons comme des chevreuils… sinon il y a aussi les canards, les oiseaux qui font des bruits bizarres, les petites rates encore, les lézards, les chameaux…. Ensuite, nous avons attaqué la montagne et moi qui suis toujours en train de dire qu’on trouve toujours du bois partout pour utiliser le réchaud et bien là pas une brindille, pas même un soupçon de végétation, que des cailloux, mais à chaque problème sa solution, j’ai fait le feu avec du crottin de cheval !!! Après avoir passé notre col à 2700 m, de l’autre coté en bas, nous nous sommes arrêtés manger dans une yourte. Il y avait une énorme plâtrée de pâtes faites maison, avec carottes, pommes de terre et viande, le tout pour 4000 togricks soit moins de 2 euros !!! à manger avec du ketchup pimenté, un régal, et servi avec du thé. 

Jusque là c’était plutôt super et sublime, mais le désert est arrivé, ah pour être beau c’était beau certes, mais le sable, quelle idée de vouloir pédaler sur une route non asphaltée qui est, soit en mini vagues qui déglinguent tout ou bien sableuse… une horreur!!! Le premier jour de désert, on s’est tapé un vent latéral de malade en fin d’après-midi, qui nous a obligés à pousser nos vélos, mais bon on avait déjà bien avancé, un groupe d’alpinistes nous ont dit qu’on était bien courageux de vouloir traverser le désert avec ces vélos (ils auraient mieux fait de dire fous, oui!!), ils nous ont donné de l’eau et des biscuits, un vrai bonheur, car avec cette chaleur on a consommé 3 fois plus d’eau qu’à la normale, nous obligeant d'arrêter des voitures ou des camions pour leur en demander… le deuxième jour, je crève, une voiture arrive au même moment, on tombe sur des monteurs de vélos, avec plein de roues dans le coffre, sérieux, si ce n’est pas hallucinant, 3 hommes alcoolisés, un jeune sérieux et 2 femmes, voilà, qui me démontent toute ma roue alors que je ne voulais pas, je voulais juste qu‘on enlève le pneu quand, intuition féminine, ça n'a pas loupé, impossible de démonter entièrement, il a fallu 2 minutes pour réparer le pneu en laissant la roue en place et 1h30 pour remonter ce qu’ils avaient déjà essayé de démonter et tout remettre droit, inutile de dire que je bouillais dans mon coin !!! En fin de journée, du bonheur, un vent violent dans le dos nous fait avancer comme jamais, mais ça n'a pas duré longtemps, deux tempêtes de sable de chaque côté nous ont envoyé un vent violent de face, nous avons dû lutter sur 3 km pour arriver à un groupement de yourtes et se mettre à l’abri, nous avons été invités à passer la nuit dans l’une d’elles…  Avant hier, il nous restait encore 85 km avant de rejoindre Altay, nous espérions pouvoir y arriver tard dans la soirée, c’était sans compter sur l’arrivée vers 18h, d’une tempête de sable. Déjà on avait eu super chaud, la route était sableuse. Au loin nous avons vu cette tempête magnifique se former, ah s’était beau, c’était loin, puis cela s’est rapproché doucement, sans vent, c’est devenu immense. Et là, sortie de nulle part alors qu’il n'y avait qu'un désert plat à100 km à la ronde, une bergerie pointe son nez, nous décidons de vite nous y réfugier, j’ai à peine eu le temps de poser le vélo contre le muret, que la tempête nous avalait, nous nous sommes vite réfugiés sous l’abri, bien calés au fond et on a mangé du sable pendant 1h30, un truc de malade, d’une violence folle, un brouillard de sable changeant de couleur en 1 seconde, un beau spectacle que nous étions bien heureux de pouvoir observer à moitié à l’abri. Ensuite, il était trop tard pour reprendre la route et le temps toujours incertain, nous avons décidé de rester dormir sous l’abri, avec tout ce sable, on n’a même pas eu le coeur d’ouvrir nos sacs, on a dormi tout habillés, en chaussures, sans sac de couchage, moi recouverte de ma bâche de protection de sac et d’un carton. A 4h du matin, nous avions mis le réveil afin d’attaquer la route, aux premières lueurs du jour, vidés d’énergie, sur une route de plus en plus sableuse, nous avons quasiment poussé le vélo tout du long. Nous sommes arrivés chez Love, notre couchsurfeuse américaine vers 15h, bien soulagés d’en avoir fini… Infos pratiques : Les routes : il existe parait-il une nouvelle route asphaltée qui va de la frontière jusqu’à Khov, nous, on a tourné avant pour aller vers Tonhil, par une route non asphaltée et à partir de maintenant je doute qu’on retrouve de l’asphalte sur notre itinéraire, bref… Attention, à Bulgan nous on s’est planté et on n’a pas pris cette belle route, donc l’asphalte s’est arrêté à environ 62 km après la frontière, il a fallu qu’on traverse 2 km de pampa caillouteuse pour rattraper la belle route. 

Devise : le Togrick (mnt) donnait 2440 mnt pour 1 euro là où on a fait le change. Le change se fait à Bulgan, à la banque, il y a aussi un magasin où acheter une carte sim et un café internet où le mec parle un peu russe (pratique, enfin si vous parlez russe bien-sûr. Electricité : même chose que chez nous (en fait jusqu’à maintenant je n’ai encore jamais utilisé mon adaptateur universel). Le mongol : Bonne chance pour la prononciation!!!!

6 commentaires

  • Elodie dit :

    merci merci 🙂 de prendre le temps chaque fois de mettre des mots sur ce que tu ressens 🙂 c’est toujours un plaisir de lire tes récits 🙂
    bonne aventure 🙂

  • Lili dit :

    Je te suis depuis deja un bon moment , ce pays m’a l’air particulierement beau , c’est sur faut aimer , les paysages desertiques , j’aime bien , ok je suis sur mon canapé et pas sur un velo mais les photos sont belles , les gens ( enfants ) en costumes sont magnifiques !!!! Faites attention a vous quand meme …………. Bisous Lili

  • Sophie dit :

    j’ai vu les photos de la Mongolie. çà a l’air superbe !! Bon courage pour la suite !! bises

  • Chami chamo dit :

    Mouaha !! J’ai cherché un document sonore en mongol et je suis tombée sur ce film. A la minute 1 un jeune homme se présente pendant quelques minutes. C’est vrai que c’est costaud, la langue mongole !!!!! Surprise ! ça me rappelle drôlement le japonais. En pire. 😉

  • AB dit :

    Salut Caro,
    merci pour ces belles images, cela me rappelle de beaux (et bons) souvenirs, la Mongolie je l’ai fait il y a +de 30 ans, et c’était rock’n roll à cette époque avec une remontée en Russie, tout aussi rock’n roll ! en tous cas chapeau pour le défi et ton mode de vie.
    si je pouvais revenir en arrière je le ferai sans hésiter….
    bonne continuation

  • Jérôme Dupont dit :

    Chère Caro,
    Les "minis vagues qui déglinguent tout", s'appellent la tôle ondulée, donc piste en tôle ondulée...
    Bises.

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