Mongolie suite et fin

Que d’aventures cette Mongolie !.. Je vais tenter de vous expliquer un peu tout ce qu’il s'est passé sans vous embrouiller, accrochez-vous !Alors, il y a eu les 15 premiers jours dont j’ai déjà parlé, qui n’étaient pas une mince affaire. Puis, je suis arrivée sur Ulaan Baator après 30h de bus, ça aussi c’est l’aventure, rien n’est simple ici faut le savoir. Mon séjour à UB consistait à faire mon extension d’un mois de visa (très simple et très rapide), trouver un éventuel canoë et attendre ma coéquipière qui devait me rejoindre le 8 juillet de France pour m’accompagner 1 mois sur les rivières mongoles. Après plus de 10 jours passés dans la capitale, tout était en ordre, le canoë trouvé et acheté, le parcours tracé, j’avais même des amis qui devaient acheminer le canoë sur notre lieu de départ afin que je n’aie pas à le trimballer dans le bus pendant 30h au risque qu’il n’arrive pas entier. Bref, après 10 jours passés en ville, ma tête n’en pouvait plus, mais la pauvre était bien loin de s’imaginer que ce n’était que le début d’un grand retournement de cerveau. Quelques jours avant la date fatidique, je rencontre deux voyageurs français Gabi et Astrid, Gabi arrive d’Asie du Sud et Astrid du Pacifique, de « dépression citadine » en discussions l’idée qu’ils achètent le deuxième canoë dispo et descendent avec nous l’Ider et la Selenge, germe. J’avertis donc ma collègue que peut-être deux acolytes vont se joindre à nous. Gabi est kayakiste, comme nous ne savions pas trop à quoi nous attendre sur l’Ider, l’idée qu’il se joigne à nous m’a parue bonne et rassurante. Comme aucune objection n’avait été émise, le lendemain Gabi et Astrid se décident et voilà que nous allons être 4 à deux canoës. Dix jours plus tard, nous devions être rejoints par un autre Français venu de France exprès pour cette aventure, pendant ses vacances. C’est d’ailleurs pour cela que j’avais poireauté en Chine avant de passer la frontière, afin que mes dates collent avec les siennes, tout avait été recalculé en fonction de lui, car son employeur ne voulait rien lâcher. Nous avions donc trouvé un bon compromis pour que cela ne me retarde pas trop tout de même pour la Russie, car je n’avais aucune envie non plus de pédaler par moins 30° et mon coéquipier de Sibérie encore moins.

Enfin voilà, pour la première fois de ce voyage une logistique de fou se mettait en place, avec des coéquipiers qui vont qui viennent, des moyens de déplacement divers, marche, vélo, canoë, vélo encore…. Bref, une toute autre dimension pour Pieds Libres. Bien-sûr tout cela n’est pas simple à gérer et encore moins quand on est sur la route, avec des connexions internet rares voire inexistantes et un décalage horaire de plus en plus grand. Mais bon on y était arrivé et y'avait plus qu’à !!!!! Seulement voilà, la veille du départ, les soupapes explosent…, gros clash de ma coéquipière qui ne veut plus venir avec moi, je ne comprends rien à ce qui se passe, on m’engueule, me hurle dessus et me raccroche au nez. En quelques heures tout bascule, mon autre coéquipier qu’elle vient d’appeler est en colère aussi, je m’en prends plein la tête, il est déjà tard pour moi, je suis fatiguée, je suis dépassée par ce qui est dit. Ne comprenant pas ce qui venait de se passer, j’envoie des messages d’excuses, ne sachant pas vraiment de quoi on m’accusait mais bon ça ne coute rien de s’excuser et j’avais sûrement dû faire ou dire quelque chose de travers pour que cela la mette dans cet état. J’envoie plusieurs messages, j’attends un peu et finis par aller me coucher… Après quelques heures de sommeil seulement je rallume l’ordi, 6h de décalage font que quand moi je dors, la France est active sur le net, alors pour ne pas devoir attendre encore 12h que tout le monde se réveille, je regarde vite si j’ai eu des réponses, ou au moins une explication sur ce qui venait de se passer, mais rien silence radio. Le lendemain, je suis juste supprimée de skype et facebook, le dialogue est rompu je n’en saurai pas plus… Mon coéquipier m’avait laissé entendre qu’il m’était reproché entre autres d’avoir fait le choix seule d’acheter le canoë en Mongolie alors que ma collègue ne voulait pas et voulait prendre celui de France, or j’étais sûre de moi, d’avoir eu son accord, il me dit que j’ai dû mal comprendre, que je n’en faisais qu’à ma tête, je me suis mise à douter. Avec mon caractère peut-être que j’avais rêvé cette conversation et qu’elle ne m’avait jamais dit de le prendre, peut-être que je devenais folle en fait. Je me suis donc remise à chercher toutes mes conversations écrites, à tout relire pour voir si j’avais été agressive, odieuse ou autoritaire comme cela peut m’arriver parfois (ben oui je parle très vite, d’une manière dynamique, cela est mon plus gros problème, les gens se sentent agressés bien que cela ne soit pas mon intention). Je travaille depuis plusieurs années sur ce problème pour tenter de changer tout ça mais c’est pas simple, on pense souvent que je suis énervée, mais avant de m’énerver vraiment faut y aller, il m’arrive d’être agacée par contre mais bon ça passe et puis j’ai plutôt un tempérament de mec, je préfère quand les choses sont dites sur le coup, de manière imagée on se fout notre poing sur la tronche et après on va boire une bière. Je trouve cela beaucoup plus sain que de ne rien dire quand il y a un problème et de ressortir des dossiers des mois après… Bref revenons à notre histoire, par chance ma première semaine à UB, quand justement il était question de l’achat du canoë, je n’avais pas skype les échanges se sont donc faits par écrit, j’ai donc retrouvé les messages où elle me disait clairement que c’était mieux d’acheter le canoë en Mongolie et qu’en plus, plus pratique pour elle, pas besoin de le trimballer dans les différents avions avec le surcout ajouté, ouf je ne suis pas folle, enfin pas complètement encore. La relecture de tous ces messages bien que m’ayant rassurée sur mon état mental, ne m’a pas apporté de réponses sur ce qui avait bien pu la mettre dans une telle colère, si ce n’est peut-être, un grand stress dû à son travail, la fatigue et l’inconnu d’une rivière sur laquelle nous n’avions que peu d’info… Mais au final ce qui me dérange le plus ce n’est pas ce qui s’est passé, ni ce qui a été dit (enfin un peu quand même, je trouve ça méchant et injustifié mais bon) mais le fait qu’on ne puisse pas en parler, aucun dialogue, je me suis fait hurler dessus, à tort ou a raison, nul ne saura jamais et raccrocher au nez puis fini plus de communication, quand on reproche quelque chose à quelqu’un, la moindre des choses c’est de lui dire, lui expliquer son ressenti, sans communication les choses ne peuvent pas évoluer, à mon sens… Chacun de nous a sa vision et son ressenti sur ce qui s’est passé et je garde bien chacun de juger ou de prendre parti sur cette histoire, moi-même faisant partie de l’histoire je ne la comprends pas, alors de l’extérieur… Si je vous la raconte aujourd’hui ce n’est ni pour me positionner en tant que victime ni pour blâmer qui que ce soit, je n’en veux pas à ma coéquipière, car il n’y a pas de hasard dans la vie, je suis seulement triste, surprise qu’elle ait coupé les ponts comme ça, sans rien dire, mais elle doit avoir ses raisons, que celles-ci soit réelles ou imaginaires, ce sont les siennes et je les respecte. Je n’ai aucune rancoeur, je n’en ai jamais eu envers personne de toute façon, je n’ai jamais réussi à faire la tête a quelqu’un, même avec le pire des cons, si celui-ci venait s’excuser et demander de l’aide je l’aidais…. Sur cela aussi je travaille, trop bonne trop conne, de manière générale les gens sont méchants parfois et ça pique. Quand vous ne répondez pas à LEURs attentes, ils retournent la situation et vous traitent d’égoïste  juste par frustration sans se rendre compte de qui cherchait à profiter de qui au final?!!!! Mais ça c’est une autre histoire encore… En ce qui concerne mon deuxième coéquipier, qui devait nous rejoindre plus tard, plus de nouvelle non plus, 1 jour, 2 jours passent, il ne s’est toujours pas reconnecté, bon il a un métier aussi, alors je patiente, mais le temps tourne et cela fait déjà un moment que je suis à UB à attendre, il faut que je bouge, que je prenne l’air je ne vais pas attendre la fin de mon visa pour visiter la Mongolie… On commence donc, Gabi, Astrid et moi, chacun de son côté, à réfléchir à ce qu’on va faire, moi j’ai un canoë mais toute seule je ne vais pas aller sur l’eau, Gabi et Astrid eux penchent pour les fameuses montagnes de l’Altai. On se tâte un peu tout de même de faire le trip en canoë à trois avec 2 canoës, mais bon on ne trouve pas ça très cool pour celui qui est seul dans un canoë et puis on ne connait pas la rivière, on ne sait pas à quoi s’attendre. On réfléchit donc… Entre temps, Astrid reçoit un message pour participer à une compétition autour de la Mongolie, un tour de 4500 km des lieux touristiques de Mongolie, incluant culture, traditions et merveilles de ce fabuleux pays, coût de la participation 2500 dollars par personne. Le départ est proche, Astrid le tente au culot, ils ne doivent pas avoir beaucoup de participants on va essayer d’y participer pour 500 dollars seulement (au vu du programme, pour 15 jours, c’était une bonne affaire). Un jour de plus passe, je vois que mon coéquipier s’est connecté, a lu mon message mais n’y a pas répondu, j’en déduis que lui aussi ne souhaite plus me parler, je suis étonnée venant de sa part mais bon, ne comprenant pas ce qui s’est passé je ne suis plus à ça près. De jour en jour, d’heure en heure le programme de chacun se planifie, change et rechange, nous sommes indécis, perdus et fatigués et puis on checke nos mails, une réponse pour le tour organisé, on est tout excités, cela simplifierait tout, on n'aurait plus rien à organiser, 15 jours de vacances… Pas de chance, ils ont refusé, on repart dans nos organisations, juste quelques heures plus tard un autre email, ils acceptent finalement... L’excitation remonte, c’est tellement incroyable, mais bon ne nous enflammons pas trop… Rien n’est fait, on demande à les rencontrer et là tout s’enchaîne, on signe un contrat, nous payons les 500 dollars et nous voilà inscrits. Notre seule contrainte est que si on arrive dans les 3 premiers, soit 6000 dollars au minimum et 15 000 dollars au maximum, on se devra de leur redonner 6000 dollars qu’ils nous ont offerts, en gros si on gagne, ils gagnent (et nous aussi, si on arrive dans les 2 premiers) mais si on perd ils perdent… Le deal est accepté, on rentre à la guest house. Nous avions donc une semaine à tuer avant le départ et voilà qu’on décide d’aller sur la rivière tous les trois dans un canoë, on fait les courses et hop le lendemain nous voilà partis sur la Selenge pour quelques jours. Celle-ci avait un bon débit, l’eau était boueuse, il y avait eu pas mal d’orage ces derniers temps. On a navigué quelques jours jusqu’à un village d’où on pouvait reprendre un bus pour retourner à UB. Comme il n’y avait d’échappatoire nulle part sur la rivière, nous devions sortir de l’eau ici. Nous sommes donc arrivés à UB encore quelque jours en avance sur le départ du tour. Entre temps mon deuxième coéquipier avait pris le temps de me répondre, me demandant de bien vouloir répondre au plus vite, car il avait besoin de s’organiser!!!!! Revirement de situation, je perds la tête, décidément ils me font tourner en bourrique. Je lui explique donc qu’en l’absence de nouvelles et bien j’avais changé mes plans et que maintenant je ne pouvais plus me désengager (il y avait une clause de 3000 dollars au contrat si jamais on annulait), et là bien évidemment il n’est pas content, me balance que je me plains que ma coéquipière me plante, mais que moi je fais la même chose avec lui au final, il est en colère tous ses plans tombent à l’eau, autant que ce soit de ma faute plutôt que de la sienne c’est plus simple à gérer !!!! De mon côté, que mon projet dans lequel je suis engagée depuis 3 ans et qui doit encore durer un moment ait été interrompu ici à cause de ça, tout le monde s’en fout !!! Je prends sur moi, je m’adapte, je renonce et c’est encore moi l’égoïste, faut s’accrocher pour pas devenir dingue, hein… Je me remets souvent en question et je réfléchis beaucoup, je suis loin d’être parfaite, j’ai mes défauts, je les connais, les étudie, essaie de les améliorer, je fais ce que je peux, j’accepte la critique, j’en suis même demandeuse, si les gens bavent dans votre dos au lieu de vous dire directement ce qu’ils pensent, je ne vois pas en quoi cela peut vous faire avancer… Enfin j’avale la pilule, le remercie pour son mail, au moins je sais ce qu’il pense, cela m’aide aussi à comprendre le fonctionnement du genre humain, j’aime beaucoup observer les gens, leurs comportements et réactions… c’est passionnant, mais là... Je m’écarte du sujet, pardon. La veille du départ de notre tour, on n’avait toujours pas de news alors on les contacte pour demander l’heure du RDV et là, on apprend que c’est décalé, au lieu de partir le 19 on part le 23, ça change tout !!!! Je renvoie un message à mon coéquipier, je ne voudrais pas lui gâcher ses vacances, pour lui annoncer que j’ai éventuellement une porte de sortie pour annuler ce tour, les conditions ayant changé !!! Mais plus de nouvelles non plus… j’abandonne. Petit à petit, on sent qu’il y a un problème avec ce tour, on demande à les voir, ils ne sont pas là, faut attendre 2 jours… On en a marre d’être bloqués sans cesse en ville, on étouffe ici il n'y a rien à faire, rien à voir, cette ville n’est pas intéressante. Là on apprend qu’il y a eu un problème avec un ancien partenaire, du coup ils se retrouvent avec trop peu d’équipes et ils doivent annuler la compétition, en revanche ils peuvent peut-être encore maintenir le tour. En plus de tout ça, une épidémie sur les animaux dans l’Ouest du pays pile poil sur notre parcours bloque la route, celle-ci est fermée et ne rouvre que ponctuellement ou oblige à faire un gros détour. Bref on voit bien que l’organisateur est un peu dans la mouise et que la situation semble lui échapper. En ce qui me concerne, j’aimerais juste me faire rembourser, Gabi et Astrid eux, demandent à diminuer le prix, puisque cela dure moins longtemps et que le parcours n’est plus le même, bref cela devient de moins en moins intéressant et revient en fait à prendre un tour opérateur pour faire une balade… On est samedi, je ne peux pas me faire rembourser avant le lundi, on se donne donc rdv le lundi matin, moi pour me faire rembourser, Gabi et Astrid pour avoir une réduction ou bien se faire eux aussi rembourser. Le lundi on attend 2h, personne, d’autres personnes qui devaient faire le tour aussi attendent, on essaie de les joindre au téléphone, tous sont coupés, là on se met quand-même à avoir un peu peur. Je parviens enfin à joindre notre interprète et là elle se met à paniquer, ne comprend pas ce qui se passe, elle nous explique que son patron lui a dit la veille au soir qu’il annulait tout, qu’il n’avait pas besoin d’elle le lendemain pour le rdv et qu’il se débrouillerait, qu’il nous rendrait notre argent et voilà. Elle était dans le train en route pour revenir à UB après avoir passé le week-end en famille, le réseau n’était pas bon. C’est donc entre deux antennes qu’on avait des infos au compte-gouttes, mais peu à peu elle avait peur de ne jamais être payée et que son patron, face à la situation, s’enfuit hors de Mongolie. Cela n’avait rien de rassurant. Son train arrivant à 16h on se donne rdv à 16h30 sur la place principale. L’union fait la force. Tous ensemble on retourne à l’office pour attendre. Entre temps il lui avait expliqué qu’il n’avait plus l’argent et qu’il était en train d’en récupérer et que le soir venu il pourrait nous rembourser, qu’il fallait lui laisser du temps et ne pas aller à la police… Nous l’avions rencontré ce gars et quand on est voyageur au long cours on apprend à faire confiance à son instinct, nous restions donc zen autant que faire se peut, en espérant qu’il était de bonne foi, mais avec un léger doute qui planait. Gabi lui avait juste envie de l’emplafonner… Bien que tous nous disaient que c’était mort et qu’on s’était juste fait arnaquer, que tout était planifié d’avance, on voulait y croire, on avait vu le programme, l’organisation, bien que bancale, c’était du réel. On est naïf mais pas à ce point, avant de signer on avait quand même regardé le truc… Le soir on apprend qu’il a récupéré de l’argent de Chine et que le transfert est en cours, demain on aura notre argent. On a donc patienté, le lendemain, toujours en contact avec notre interprète par sms, on apprend qu’il l’a appelée la veille au soir bourré, pour lui dire que cet argent venait de la vente de sa voiture à un ami en Chine… Cela quelque part m’a rassurée, cela prouve bien s’il l’a appelée bourré et dans la merde qu’il essaie de rembourser tout le monde. On patiente encore toute la journée et en fin d’après-midi, alors qu’on était déjà en route pour l’office, elle nous appelle en nous disant de venir parce que l’argent arrive. Arrivé devant la porte on entend des cris, on frappe, on entre, c’était les autres participants qui venaient de se faire rembourser, mais qui n’étaient pas contents et hurlaient sur la pauvre soeur qui apportait l’argent et qui n’y était pour rien. Bref on nous a rendu notre argent, la soeur qui servait de messager s’est excusée pour son frère, celui-ci n’étant pas présent, puisque qu’il était parti en province régler les problèmes engendrés là-bas. Enfin dans tous les cas, nous étions bien soulagés, beaucoup de temps perdu, un énorme manque d’organisation, mais au final nous avions notre argent alors il n'y avait plus qu’à repartir. 

Entre temps Cédrick est arrivé à UB, épuisé après plus d’une semaine en Mongolie, même constat, même claque, la Mongolie c’est fort !!!! Du coup, désirant passer quelques jours ensemble nous sommes repartis une semaine sur la Selenge, à bord du canoë. C’était encore superbe, moins de courant, l’eau claire, beau temps, magnifique. 

Ce matin j’ai récupéré Damien, venu de France avec les vélos qui vont nous servir à faire la traversée de la Sibérie jusqu’à Magadan. Ce soir nous prenons le train et demain nous traverserons la frontière, à nous la Russie !

Nuits

Budget

Que d’aventures cette Mongolie !.. Je vais tenter de vous expliquer un peu tout ce qu’il s'est passé sans vous embrouiller, accrochez-vous !Alors, il y a eu les 15 premiers jours dont j’ai déjà parlé, qui n’étaient pas une mince affaire. Puis, je suis arrivée sur Ulaan Baator après 30h de bus, ça aussi c’est l’aventure, rien n’est simple ici faut le savoir. Mon séjour à UB consistait à faire mon extension d’un mois de visa (très simple et très rapide), trouver un éventuel canoë et attendre ma coéquipière qui devait me rejoindre le 8 juillet de France pour m’accompagner 1 mois sur les rivières mongoles. Après plus de 10 jours passés dans la capitale, tout était en ordre, le canoë trouvé et acheté, le parcours tracé, j’avais même des amis qui devaient acheminer le canoë sur notre lieu de départ afin que je n’aie pas à le trimballer dans le bus pendant 30h au risque qu’il n’arrive pas entier. Bref, après 10 jours passés en ville, ma tête n’en pouvait plus, mais la pauvre était bien loin de s’imaginer que ce n’était que le début d’un grand retournement de cerveau. Quelques jours avant la date fatidique, je rencontre deux voyageurs français Gabi et Astrid, Gabi arrive d’Asie du Sud et Astrid du Pacifique, de « dépression citadine » en discussions l’idée qu’ils achètent le deuxième canoë dispo et descendent avec nous l’Ider et la Selenge, germe. J’avertis donc ma collègue que peut-être deux acolytes vont se joindre à nous. Gabi est kayakiste, comme nous ne savions pas trop à quoi nous attendre sur l’Ider, l’idée qu’il se joigne à nous m’a parue bonne et rassurante. Comme aucune objection n’avait été émise, le lendemain Gabi et Astrid se décident et voilà que nous allons être 4 à deux canoës. Dix jours plus tard, nous devions être rejoints par un autre Français venu de France exprès pour cette aventure, pendant ses vacances. C’est d’ailleurs pour cela que j’avais poireauté en Chine avant de passer la frontière, afin que mes dates collent avec les siennes, tout avait été recalculé en fonction de lui, car son employeur ne voulait rien lâcher. Nous avions donc trouvé un bon compromis pour que cela ne me retarde pas trop tout de même pour la Russie, car je n’avais aucune envie non plus de pédaler par moins 30° et mon coéquipier de Sibérie encore moins.

Enfin voilà, pour la première fois de ce voyage une logistique de fou se mettait en place, avec des coéquipiers qui vont qui viennent, des moyens de déplacement divers, marche, vélo, canoë, vélo encore…. Bref, une toute autre dimension pour Pieds Libres. Bien-sûr tout cela n’est pas simple à gérer et encore moins quand on est sur la route, avec des connexions internet rares voire inexistantes et un décalage horaire de plus en plus grand. Mais bon on y était arrivé et y'avait plus qu’à !!!!! Seulement voilà, la veille du départ, les soupapes explosent…, gros clash de ma coéquipière qui ne veut plus venir avec moi, je ne comprends rien à ce qui se passe, on m’engueule, me hurle dessus et me raccroche au nez. En quelques heures tout bascule, mon autre coéquipier qu’elle vient d’appeler est en colère aussi, je m’en prends plein la tête, il est déjà tard pour moi, je suis fatiguée, je suis dépassée par ce qui est dit. Ne comprenant pas ce qui venait de se passer, j’envoie des messages d’excuses, ne sachant pas vraiment de quoi on m’accusait mais bon ça ne coute rien de s’excuser et j’avais sûrement dû faire ou dire quelque chose de travers pour que cela la mette dans cet état. J’envoie plusieurs messages, j’attends un peu et finis par aller me coucher… Après quelques heures de sommeil seulement je rallume l’ordi, 6h de décalage font que quand moi je dors, la France est active sur le net, alors pour ne pas devoir attendre encore 12h que tout le monde se réveille, je regarde vite si j’ai eu des réponses, ou au moins une explication sur ce qui venait de se passer, mais rien silence radio. Le lendemain, je suis juste supprimée de skype et facebook, le dialogue est rompu je n’en saurai pas plus… Mon coéquipier m’avait laissé entendre qu’il m’était reproché entre autres d’avoir fait le choix seule d’acheter le canoë en Mongolie alors que ma collègue ne voulait pas et voulait prendre celui de France, or j’étais sûre de moi, d’avoir eu son accord, il me dit que j’ai dû mal comprendre, que je n’en faisais qu’à ma tête, je me suis mise à douter. Avec mon caractère peut-être que j’avais rêvé cette conversation et qu’elle ne m’avait jamais dit de le prendre, peut-être que je devenais folle en fait. Je me suis donc remise à chercher toutes mes conversations écrites, à tout relire pour voir si j’avais été agressive, odieuse ou autoritaire comme cela peut m’arriver parfois (ben oui je parle très vite, d’une manière dynamique, cela est mon plus gros problème, les gens se sentent agressés bien que cela ne soit pas mon intention). Je travaille depuis plusieurs années sur ce problème pour tenter de changer tout ça mais c’est pas simple, on pense souvent que je suis énervée, mais avant de m’énerver vraiment faut y aller, il m’arrive d’être agacée par contre mais bon ça passe et puis j’ai plutôt un tempérament de mec, je préfère quand les choses sont dites sur le coup, de manière imagée on se fout notre poing sur la tronche et après on va boire une bière. Je trouve cela beaucoup plus sain que de ne rien dire quand il y a un problème et de ressortir des dossiers des mois après… Bref revenons à notre histoire, par chance ma première semaine à UB, quand justement il était question de l’achat du canoë, je n’avais pas skype les échanges se sont donc faits par écrit, j’ai donc retrouvé les messages où elle me disait clairement que c’était mieux d’acheter le canoë en Mongolie et qu’en plus, plus pratique pour elle, pas besoin de le trimballer dans les différents avions avec le surcout ajouté, ouf je ne suis pas folle, enfin pas complètement encore. La relecture de tous ces messages bien que m’ayant rassurée sur mon état mental, ne m’a pas apporté de réponses sur ce qui avait bien pu la mettre dans une telle colère, si ce n’est peut-être, un grand stress dû à son travail, la fatigue et l’inconnu d’une rivière sur laquelle nous n’avions que peu d’info… Mais au final ce qui me dérange le plus ce n’est pas ce qui s’est passé, ni ce qui a été dit (enfin un peu quand même, je trouve ça méchant et injustifié mais bon) mais le fait qu’on ne puisse pas en parler, aucun dialogue, je me suis fait hurler dessus, à tort ou a raison, nul ne saura jamais et raccrocher au nez puis fini plus de communication, quand on reproche quelque chose à quelqu’un, la moindre des choses c’est de lui dire, lui expliquer son ressenti, sans communication les choses ne peuvent pas évoluer, à mon sens… Chacun de nous a sa vision et son ressenti sur ce qui s’est passé et je garde bien chacun de juger ou de prendre parti sur cette histoire, moi-même faisant partie de l’histoire je ne la comprends pas, alors de l’extérieur… Si je vous la raconte aujourd’hui ce n’est ni pour me positionner en tant que victime ni pour blâmer qui que ce soit, je n’en veux pas à ma coéquipière, car il n’y a pas de hasard dans la vie, je suis seulement triste, surprise qu’elle ait coupé les ponts comme ça, sans rien dire, mais elle doit avoir ses raisons, que celles-ci soit réelles ou imaginaires, ce sont les siennes et je les respecte. Je n’ai aucune rancoeur, je n’en ai jamais eu envers personne de toute façon, je n’ai jamais réussi à faire la tête a quelqu’un, même avec le pire des cons, si celui-ci venait s’excuser et demander de l’aide je l’aidais…. Sur cela aussi je travaille, trop bonne trop conne, de manière générale les gens sont méchants parfois et ça pique. Quand vous ne répondez pas à LEURs attentes, ils retournent la situation et vous traitent d’égoïste  juste par frustration sans se rendre compte de qui cherchait à profiter de qui au final?!!!! Mais ça c’est une autre histoire encore… En ce qui concerne mon deuxième coéquipier, qui devait nous rejoindre plus tard, plus de nouvelle non plus, 1 jour, 2 jours passent, il ne s’est toujours pas reconnecté, bon il a un métier aussi, alors je patiente, mais le temps tourne et cela fait déjà un moment que je suis à UB à attendre, il faut que je bouge, que je prenne l’air je ne vais pas attendre la fin de mon visa pour visiter la Mongolie… On commence donc, Gabi, Astrid et moi, chacun de son côté, à réfléchir à ce qu’on va faire, moi j’ai un canoë mais toute seule je ne vais pas aller sur l’eau, Gabi et Astrid eux penchent pour les fameuses montagnes de l’Altai. On se tâte un peu tout de même de faire le trip en canoë à trois avec 2 canoës, mais bon on ne trouve pas ça très cool pour celui qui est seul dans un canoë et puis on ne connait pas la rivière, on ne sait pas à quoi s’attendre. On réfléchit donc… Entre temps, Astrid reçoit un message pour participer à une compétition autour de la Mongolie, un tour de 4500 km des lieux touristiques de Mongolie, incluant culture, traditions et merveilles de ce fabuleux pays, coût de la participation 2500 dollars par personne. Le départ est proche, Astrid le tente au culot, ils ne doivent pas avoir beaucoup de participants on va essayer d’y participer pour 500 dollars seulement (au vu du programme, pour 15 jours, c’était une bonne affaire). Un jour de plus passe, je vois que mon coéquipier s’est connecté, a lu mon message mais n’y a pas répondu, j’en déduis que lui aussi ne souhaite plus me parler, je suis étonnée venant de sa part mais bon, ne comprenant pas ce qui s’est passé je ne suis plus à ça près. De jour en jour, d’heure en heure le programme de chacun se planifie, change et rechange, nous sommes indécis, perdus et fatigués et puis on checke nos mails, une réponse pour le tour organisé, on est tout excités, cela simplifierait tout, on n'aurait plus rien à organiser, 15 jours de vacances… Pas de chance, ils ont refusé, on repart dans nos organisations, juste quelques heures plus tard un autre email, ils acceptent finalement... L’excitation remonte, c’est tellement incroyable, mais bon ne nous enflammons pas trop… Rien n’est fait, on demande à les rencontrer et là tout s’enchaîne, on signe un contrat, nous payons les 500 dollars et nous voilà inscrits. Notre seule contrainte est que si on arrive dans les 3 premiers, soit 6000 dollars au minimum et 15 000 dollars au maximum, on se devra de leur redonner 6000 dollars qu’ils nous ont offerts, en gros si on gagne, ils gagnent (et nous aussi, si on arrive dans les 2 premiers) mais si on perd ils perdent… Le deal est accepté, on rentre à la guest house. Nous avions donc une semaine à tuer avant le départ et voilà qu’on décide d’aller sur la rivière tous les trois dans un canoë, on fait les courses et hop le lendemain nous voilà partis sur la Selenge pour quelques jours. Celle-ci avait un bon débit, l’eau était boueuse, il y avait eu pas mal d’orage ces derniers temps. On a navigué quelques jours jusqu’à un village d’où on pouvait reprendre un bus pour retourner à UB. Comme il n’y avait d’échappatoire nulle part sur la rivière, nous devions sortir de l’eau ici. Nous sommes donc arrivés à UB encore quelque jours en avance sur le départ du tour. Entre temps mon deuxième coéquipier avait pris le temps de me répondre, me demandant de bien vouloir répondre au plus vite, car il avait besoin de s’organiser!!!!! Revirement de situation, je perds la tête, décidément ils me font tourner en bourrique. Je lui explique donc qu’en l’absence de nouvelles et bien j’avais changé mes plans et que maintenant je ne pouvais plus me désengager (il y avait une clause de 3000 dollars au contrat si jamais on annulait), et là bien évidemment il n’est pas content, me balance que je me plains que ma coéquipière me plante, mais que moi je fais la même chose avec lui au final, il est en colère tous ses plans tombent à l’eau, autant que ce soit de ma faute plutôt que de la sienne c’est plus simple à gérer !!!! De mon côté, que mon projet dans lequel je suis engagée depuis 3 ans et qui doit encore durer un moment ait été interrompu ici à cause de ça, tout le monde s’en fout !!! Je prends sur moi, je m’adapte, je renonce et c’est encore moi l’égoïste, faut s’accrocher pour pas devenir dingue, hein… Je me remets souvent en question et je réfléchis beaucoup, je suis loin d’être parfaite, j’ai mes défauts, je les connais, les étudie, essaie de les améliorer, je fais ce que je peux, j’accepte la critique, j’en suis même demandeuse, si les gens bavent dans votre dos au lieu de vous dire directement ce qu’ils pensent, je ne vois pas en quoi cela peut vous faire avancer… Enfin j’avale la pilule, le remercie pour son mail, au moins je sais ce qu’il pense, cela m’aide aussi à comprendre le fonctionnement du genre humain, j’aime beaucoup observer les gens, leurs comportements et réactions… c’est passionnant, mais là... Je m’écarte du sujet, pardon. La veille du départ de notre tour, on n’avait toujours pas de news alors on les contacte pour demander l’heure du RDV et là, on apprend que c’est décalé, au lieu de partir le 19 on part le 23, ça change tout !!!! Je renvoie un message à mon coéquipier, je ne voudrais pas lui gâcher ses vacances, pour lui annoncer que j’ai éventuellement une porte de sortie pour annuler ce tour, les conditions ayant changé !!! Mais plus de nouvelles non plus… j’abandonne. Petit à petit, on sent qu’il y a un problème avec ce tour, on demande à les voir, ils ne sont pas là, faut attendre 2 jours… On en a marre d’être bloqués sans cesse en ville, on étouffe ici il n'y a rien à faire, rien à voir, cette ville n’est pas intéressante. Là on apprend qu’il y a eu un problème avec un ancien partenaire, du coup ils se retrouvent avec trop peu d’équipes et ils doivent annuler la compétition, en revanche ils peuvent peut-être encore maintenir le tour. En plus de tout ça, une épidémie sur les animaux dans l’Ouest du pays pile poil sur notre parcours bloque la route, celle-ci est fermée et ne rouvre que ponctuellement ou oblige à faire un gros détour. Bref on voit bien que l’organisateur est un peu dans la mouise et que la situation semble lui échapper. En ce qui me concerne, j’aimerais juste me faire rembourser, Gabi et Astrid eux, demandent à diminuer le prix, puisque cela dure moins longtemps et que le parcours n’est plus le même, bref cela devient de moins en moins intéressant et revient en fait à prendre un tour opérateur pour faire une balade… On est samedi, je ne peux pas me faire rembourser avant le lundi, on se donne donc rdv le lundi matin, moi pour me faire rembourser, Gabi et Astrid pour avoir une réduction ou bien se faire eux aussi rembourser. Le lundi on attend 2h, personne, d’autres personnes qui devaient faire le tour aussi attendent, on essaie de les joindre au téléphone, tous sont coupés, là on se met quand-même à avoir un peu peur. Je parviens enfin à joindre notre interprète et là elle se met à paniquer, ne comprend pas ce qui se passe, elle nous explique que son patron lui a dit la veille au soir qu’il annulait tout, qu’il n’avait pas besoin d’elle le lendemain pour le rdv et qu’il se débrouillerait, qu’il nous rendrait notre argent et voilà. Elle était dans le train en route pour revenir à UB après avoir passé le week-end en famille, le réseau n’était pas bon. C’est donc entre deux antennes qu’on avait des infos au compte-gouttes, mais peu à peu elle avait peur de ne jamais être payée et que son patron, face à la situation, s’enfuit hors de Mongolie. Cela n’avait rien de rassurant. Son train arrivant à 16h on se donne rdv à 16h30 sur la place principale. L’union fait la force. Tous ensemble on retourne à l’office pour attendre. Entre temps il lui avait expliqué qu’il n’avait plus l’argent et qu’il était en train d’en récupérer et que le soir venu il pourrait nous rembourser, qu’il fallait lui laisser du temps et ne pas aller à la police… Nous l’avions rencontré ce gars et quand on est voyageur au long cours on apprend à faire confiance à son instinct, nous restions donc zen autant que faire se peut, en espérant qu’il était de bonne foi, mais avec un léger doute qui planait. Gabi lui avait juste envie de l’emplafonner… Bien que tous nous disaient que c’était mort et qu’on s’était juste fait arnaquer, que tout était planifié d’avance, on voulait y croire, on avait vu le programme, l’organisation, bien que bancale, c’était du réel. On est naïf mais pas à ce point, avant de signer on avait quand même regardé le truc… Le soir on apprend qu’il a récupéré de l’argent de Chine et que le transfert est en cours, demain on aura notre argent. On a donc patienté, le lendemain, toujours en contact avec notre interprète par sms, on apprend qu’il l’a appelée la veille au soir bourré, pour lui dire que cet argent venait de la vente de sa voiture à un ami en Chine… Cela quelque part m’a rassurée, cela prouve bien s’il l’a appelée bourré et dans la merde qu’il essaie de rembourser tout le monde. On patiente encore toute la journée et en fin d’après-midi, alors qu’on était déjà en route pour l’office, elle nous appelle en nous disant de venir parce que l’argent arrive. Arrivé devant la porte on entend des cris, on frappe, on entre, c’était les autres participants qui venaient de se faire rembourser, mais qui n’étaient pas contents et hurlaient sur la pauvre soeur qui apportait l’argent et qui n’y était pour rien. Bref on nous a rendu notre argent, la soeur qui servait de messager s’est excusée pour son frère, celui-ci n’étant pas présent, puisque qu’il était parti en province régler les problèmes engendrés là-bas. Enfin dans tous les cas, nous étions bien soulagés, beaucoup de temps perdu, un énorme manque d’organisation, mais au final nous avions notre argent alors il n'y avait plus qu’à repartir. 

Entre temps Cédrick est arrivé à UB, épuisé après plus d’une semaine en Mongolie, même constat, même claque, la Mongolie c’est fort !!!! Du coup, désirant passer quelques jours ensemble nous sommes repartis une semaine sur la Selenge, à bord du canoë. C’était encore superbe, moins de courant, l’eau claire, beau temps, magnifique. 

Ce matin j’ai récupéré Damien, venu de France avec les vélos qui vont nous servir à faire la traversée de la Sibérie jusqu’à Magadan. Ce soir nous prenons le train et demain nous traverserons la frontière, à nous la Russie !

5 commentaires

  • chami chamo dit :

    Pfiou… Comment dire… Tu vois Caroline ce que j’ai lu là, c’est « l’Anti-Choix-de-Vie ». J’ai rien reconnu de ce que j’avais lu et vu jusqu’à présent de ton chemin de liberté depuis 3 ans.
    Tout à coup des mots comme « organisation », « mort », « argent »… Houla.
    Ce qui m’a fait écarquiller les yeux, ce sont les expressions « Je demande des critiques » (?) et (je demande) « pardon ». (???)
    Cette auto-analyse aussi : « Je parle vite, je travaille là-dessus pour m’améliorer » : ??????????????????????

    Pour moi le débit dépend beaucoup de l’accent, donc de ta culture régionale ou familiale, ainsi que de ta personnalité. Or l’un et l’autre, selon moi, ne sont pas négociables. Le rythme est propre à chacun, il est intimement lié à ton souffle et donc à ton approche de la vie.
    Il y a toujours ici et là des gourous pour décider et tenter d’imposer une approche standard à suivre, un souffle et un rythme à adopter.
    La vie n’est une marche militaire que pour ceux qui se sentent à leur place dans une colonne militaire. Pour les autres, la vie est à inventer.

    Pour ce qui est des « critiques », tu connais sans doute : « Ce qu’on te reproche, sois-le, car c’est TOI. »

    Tous les « originaux », les gens extraordinaires, les courageux, les inventeurs, les SUJETS (les auteurs de leur vie) font toujours l’OBJET de critiques acerbes, parfois jusqu’aux tentatives de destruction. De la part de ceux qui désireraient, mais ont des difficultés ou ne parviennent pas à être sujets de leur vie. Ou refusent à autrui la liberté qu’ils se réservent à eux seuls, par crainte de voir leur propre liberté interdite par autrui.
    Comme tu le dis toi-même : il y a probablement eu du stress ici ou là, mais le stress ne justifie pas l’agression. Tu es loin, tu es isolée, tu es en situation de faiblesse. Mais ton courage et ta liberté dont chacun est témoin par le biais de ton site et de ta page FB, donnent à tous l’image d’une force extraordinaire. C’est peut-être cette force qui t’est reprochée.

    De ta force ne t’excuse pas, je t’en prie, car je parle de toi à une petite fille de 6 ans qui a un cancer et qui a besoin qu’on lui parle de la force des filles. Dans sa famille les filles ne sont pas censées être fortes – et encore moins libres.
    Tu es si loin que tu ne t’imagines peut-être pas à quel point tu représentes une lumière dans la nuit, une petite loupiote suspendue quelque part dans le firmament de l’imaginaire de ceux qui ne peuvent pas (pour le moment) prendre la liberté d’être libre. Ou qui ne savent pas comment s’y prendre, mais que tu pourrais bien inspirer, qui sait. D’une manière ou d’une autre : il existe une infinité de chemins…

    J’ai été surprise et heureuse de revoir la bonne bouille de ce cher Ced ! Même si on ne sait quasiment rien de lui, sa présence momentanée fut rassurante.
    Ton nouveau coéquipier a également une bonne bouille, j’ai regardé sa page : cool. Chouette association.
    On dirait que tu es en train d’ouvrir une nouvelle page… 😉

    La Russie… :-)))))))))))) !!!

    A bientôt sur la route
    L.

    • caro dit :

      je sais que je suis comme je suis et j’aimerais bien que les gens qui me demande de les accepter comme ils sont, m’accepte également comme je suis. Ce que tu dis est très juste, et peut être que c’est choquant effectivement de vouloir tenter de modifier une part de sa personnalité juste pour mieux passer auprès de ceux qui se sente agresser pour quelque raison que se soit, je pourrais très bien juste rien avoir a faire des gens qui me comprenne pas, ou attendent quelque chose de moi et finissent par me balancer des saloperies à la figure quand au final il n’obtienne pas entière satisfaction, comme si en fait je leur devait quoique se soit… mais il se trouve que pour une raison encore indéterminé cela me fait de la peine, je sais que je suis loin d’être mère Teresa mais j’arrive pas à envoyer chier les gens qui essaie de me pomper mon énergie…

  • Lili dit :

    Tu as passée des moments pas tres drole , l’etre humain est pas toujours sympa , ni facile a comprendre , en plus avec les km qui te separe des gens avec qui tu discutais , il y a eu certainement un mot peu etre pas mis au bon endroit et tout a derapé , souvent je prefere prendre le téléphone au lieu un mail d’ecrire , mais bon vous avez quand meme discutée sur skype , donc vu ! ecoute maintenant passe a autre chose et oublie , de toute façon dans un grand projet comme le tient tout ne peu pas etre tout droit , il y auras des courbes ! j’ai été contente de voir que Cedric été de retour pour un moment , tu vas surement le revoir dans quelques mois !
    Bon courage pour la suite , je te fais confiance , tu es forte !!!!!!!Bisous Lili

  • Pierre dit :

    Très intéressant ce billet. Je suis tombé là par hasard (après avoir vu un reportage). Et je trouves, on se trouve vite absorbé par ton récit tu devrais écrire un livre quand tu aura finit de voyager! 😉

    J’aime l’idée, d’envoyer des messages d’excuses sans même savoir ce que l’on a fait! ^^ C’est vrai que en général ce qui nous retient de nous excuser c’est juste l’ego et l’envie obsessive d’avoir raison. Pouvoir s’excuser, même en ayant l’impression de n’avoir rien à se reprocher, mais pour calmer la situation, c’est savoir transcender l’ego.

    C’est vrai que depuis quelques temps je penses à partir pendant un an voyager à pieds ou à vélo. J’espère que je ferai ça avant mes 30 ans. En tous les cas les quelques vidéos que j’ai vu de ton périple me donne encore plus l’envie de le faire!

    Bonne chance pour la suite! 🙂

    Pierre.

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