Nos premiers tours de roues en Sibérie

C’est le 6 août 2014 que nous quittons enfin Ulan Bator en train jusqu’à Sukhbator, dernière ville avant la frontière russe. Sur le quai de la gare, nous faisons la connaissance d’un ado qui parle français, il a vécu 7 ans en banlieue parisienne, avant de revenir vivre en Mongolie. Arrivé à destination à 4h30 du mat, il nous invite à venir chez lui prendre le thé et monter nos vélos tranquillement. Il nous faudra la matinée pour tout remettre en ordre. Les vélos prêts, nous prenons la route, direction la frontière, 30km plus loin. Du côté mongole, rien à signaler, nous garons les vélos devant les bureaux, allons à l’intérieur, faisons la queue et deux coups de tampon plus tard nous voilà repartis. Un gars est tout de même sorti avec nous pour jeter un oeil furtif à deux sacoches sur les huit… Quelques mètres plus tard nous arrivons à la frontière russe et là on nous dit que ce n’est pas possible de passer àvélo, il faut qu’on monte dans un véhicule!!!!!  J’insiste, rien n’y fait. Deux camions plus tard, un couple mongole avec un petit camion vide, nous charge et nous voilà engagés dans la frontière. Rien de compliqué, les papiers d’immigration remplis, les tampons apposés nous entrons enfin en Sibérie, on a chaud, on transpire, on est heureux. C’est ainsi qu’on a débuté notre progression dans ce pays que nous attendions tant. Cela fait maintenant 15 jours que nous sommes ici et nous sommes enchantés….

De la frontiére à Ulan Ude (220km)

La route n’était pas trop mauvaise, asphaltée, un peu de trafic, mais pas trop, des villages suffisamment régulièrement pour faire le plein d’eau, des gens sympa, qui nous font coucou, klaxonnent, je peux enfin re-communiquer avec les gens à l’aide de mon pauvre vocabulaire russe…. Bref je revis ici. Et les sapins, cette odeur merveilleuse qui vous caresse les narines, cela faisait si longtemps, depuis la Georgie, quasiment que des paysages désertiques et là nous allons avoir 3 mois avec des arbres, de la verdure… j’adore. Sur cette route rien de particulier à signaler. Arrivés à Ulan Ude, nous n’avions aucun plan pour dormir, aucune réponse de couchsurfer, nous étions exténués, les banques fermées, pas une thune, bref la loose totale. Un monsieur rencontré dans la rue a tenté de nous aider pendant au moins 2h. Il a appelé tous ses contacts, m’a trimballée à droite et à gauche pendant que Damien gardait les vélos. À mon retour infructueux, Damien était entouré de 3 jeunes. On leur explique le problème et l’un d’eux nous invite dans sa maison de campagne à l’extérieur de la ville, mais en attendant, c’était le moment de jouer au billard!!! Quelques bières plus tard, les plans changent et on va dans un des appartements du jeune homme, plus près que sa Datcha, accompagnés d’une bouteille de vodka et de bières achetées au milieu de la nuit clandestinement au coin d’une rue. Il est interdit en Russie de vendre de l’alcool passé 21h. La soirée se finit donc tard.

Le lendemain nous devions aller au Lac Baikal en début d’après-midi, au final on ne partira qu’à 1h du mat, normal ! On se retrouve donc à faire les courses dans une grande surface ouverte toute la nuit et hop on prend la route, comme si de rien n’était, on hallucine un peu, on est surtout morts de rire de cette organisation de fou où on ne comprend rien et tout semble si normal pour eux, ben oui quoi on part à 2h du mat au lieu de 14h de l’aprem, où est le problème?! Arrivés au lac vers 4h30, nous attendons le lever du soleil en allumant un barbecue pour faire cuire la viande, car nous n’avions pas encore mangé tandis que notre chauffeur retourne à Ulan Ude, toujours normal, car il avait un rdv à 9h. On reste donc seuls avec notre hôte. Le jour levé nous allons nous coucher… Notre chauffeur devait revenir nous chercher en début d’après-midi, évidemment il est arrivé encore avec 12h de décalage, du grand n’importe quoi, à mourir de rire et comme si cela ne suffisait pas, voilà que notre hôte perd ses clefs de maison, probablement en allant chercher de l’alcool en stop, nous avons donc fini à l’hôtel à l’entrée de Ulan Ude, quand à notre hôte il a dormi on ne sait où et au lieu de venir nous rechercher à 11h comme prévu, il est arrivé à 15h. Quand on lui a demandé quel était le plan, il a tout simplement répondu, "no plan" !!!! Cela résumait assez bien la situation. Nous sommes allés manger des "bouses" (sorte de pochon ravioli fourré à la viande, un pur délice), puis visiter un temple et enfin nous sommes revenus à l’appart où on a remballé nos affaires pour reprendre la route à 18h et sortir de cette ville infernale. Ce petit passage à Ulan Ude aura été du grand n’importe quoi, mais on en gardera un bon souvenir, et on gardera sûrement contact avec nos hôtes qui ne semblaient pas être perturbés par le temps (notre hôte devait aller en Chine où il travaille, il partira 2 jours plus tard que prévu, no problem….)

De Ulan Ude à Chita

Nous décidons de ne pas prendre la route M55 qui est la route principale et optons pour une route secondaire, dont le relief et la circulation sont moindres. Seul inconvénient, cette route n’est pas asphaltée tout du long. Nous avons donc mangé un peu de poussière. Ayant eu une réponse d’un couchsurfing sur Chita où nous avions prévu d’arriver le 19, nous nous sommes arrangés malgré le retard pour arriver le 19, et nous y sommes arrivés, fatigués certes mais contents, plus de 622km en 7 jours et demi, pour un début à vélo je trouve ça pas mal! La route était superbe, les paysages magnifiques, sur la fin, toute une région bordée de lacs et de marais. Des forêts de sapins, de bouleaux…. Un régal. Des gens toujours sympathiques. Une dame dans un magasin nous a offert nos courses, une autre avec son fils, est venue nous apporter des pots d’une sorte de ratatouille fait-maison car son fils, qui nous avait vus en ville dans un magasin, lui avait dit qu’il fallait venir nous parler, ils nous ont donc rejoints à la rivière à vélo où nous faisons le plein d’eau, tout excités par notre voyage. Un autre nous a offert une bouteille de lait, le préfet d’une région avec son équipe, nous a invités à manger sur le bord de la route où ils passaient, les femmes d’un resto nous ont offert une photo de Bouddha (la région de Bouriatie est bouddhiste, les gens ont un facies comme les mongoles et leur langue est similaire). Un écureuil a grignoté ma tente pour tenter d’atteindre un sac de bouffe qui était à l’intérieur, bref on aime la Sibérie, c’est juste beau, zen, on s’y sent bien, une béatitude et un sentiment de bien-être nous a envahis, pourvu que ça dure. Pour le moment nous avons plutôt trop chaud, mais je pense qu’on ne pourra pas en dire autant dans 1 mois, à suivre...

Nuits

Budget

C’est le 6 août 2014 que nous quittons enfin Ulan Bator en train jusqu’à Sukhbator, dernière ville avant la frontière russe. Sur le quai de la gare, nous faisons la connaissance d’un ado qui parle français, il a vécu 7 ans en banlieue parisienne, avant de revenir vivre en Mongolie. Arrivé à destination à 4h30 du mat, il nous invite à venir chez lui prendre le thé et monter nos vélos tranquillement. Il nous faudra la matinée pour tout remettre en ordre. Les vélos prêts, nous prenons la route, direction la frontière, 30km plus loin. Du côté mongole, rien à signaler, nous garons les vélos devant les bureaux, allons à l’intérieur, faisons la queue et deux coups de tampon plus tard nous voilà repartis. Un gars est tout de même sorti avec nous pour jeter un oeil furtif à deux sacoches sur les huit… Quelques mètres plus tard nous arrivons à la frontière russe et là on nous dit que ce n’est pas possible de passer àvélo, il faut qu’on monte dans un véhicule!!!!!  J’insiste, rien n’y fait. Deux camions plus tard, un couple mongole avec un petit camion vide, nous charge et nous voilà engagés dans la frontière. Rien de compliqué, les papiers d’immigration remplis, les tampons apposés nous entrons enfin en Sibérie, on a chaud, on transpire, on est heureux. C’est ainsi qu’on a débuté notre progression dans ce pays que nous attendions tant. Cela fait maintenant 15 jours que nous sommes ici et nous sommes enchantés….

De la frontiére à Ulan Ude (220km)

La route n’était pas trop mauvaise, asphaltée, un peu de trafic, mais pas trop, des villages suffisamment régulièrement pour faire le plein d’eau, des gens sympa, qui nous font coucou, klaxonnent, je peux enfin re-communiquer avec les gens à l’aide de mon pauvre vocabulaire russe…. Bref je revis ici. Et les sapins, cette odeur merveilleuse qui vous caresse les narines, cela faisait si longtemps, depuis la Georgie, quasiment que des paysages désertiques et là nous allons avoir 3 mois avec des arbres, de la verdure… j’adore. Sur cette route rien de particulier à signaler. Arrivés à Ulan Ude, nous n’avions aucun plan pour dormir, aucune réponse de couchsurfer, nous étions exténués, les banques fermées, pas une thune, bref la loose totale. Un monsieur rencontré dans la rue a tenté de nous aider pendant au moins 2h. Il a appelé tous ses contacts, m’a trimballée à droite et à gauche pendant que Damien gardait les vélos. À mon retour infructueux, Damien était entouré de 3 jeunes. On leur explique le problème et l’un d’eux nous invite dans sa maison de campagne à l’extérieur de la ville, mais en attendant, c’était le moment de jouer au billard!!! Quelques bières plus tard, les plans changent et on va dans un des appartements du jeune homme, plus près que sa Datcha, accompagnés d’une bouteille de vodka et de bières achetées au milieu de la nuit clandestinement au coin d’une rue. Il est interdit en Russie de vendre de l’alcool passé 21h. La soirée se finit donc tard.

Le lendemain nous devions aller au Lac Baikal en début d’après-midi, au final on ne partira qu’à 1h du mat, normal ! On se retrouve donc à faire les courses dans une grande surface ouverte toute la nuit et hop on prend la route, comme si de rien n’était, on hallucine un peu, on est surtout morts de rire de cette organisation de fou où on ne comprend rien et tout semble si normal pour eux, ben oui quoi on part à 2h du mat au lieu de 14h de l’aprem, où est le problème?! Arrivés au lac vers 4h30, nous attendons le lever du soleil en allumant un barbecue pour faire cuire la viande, car nous n’avions pas encore mangé tandis que notre chauffeur retourne à Ulan Ude, toujours normal, car il avait un rdv à 9h. On reste donc seuls avec notre hôte. Le jour levé nous allons nous coucher… Notre chauffeur devait revenir nous chercher en début d’après-midi, évidemment il est arrivé encore avec 12h de décalage, du grand n’importe quoi, à mourir de rire et comme si cela ne suffisait pas, voilà que notre hôte perd ses clefs de maison, probablement en allant chercher de l’alcool en stop, nous avons donc fini à l’hôtel à l’entrée de Ulan Ude, quand à notre hôte il a dormi on ne sait où et au lieu de venir nous rechercher à 11h comme prévu, il est arrivé à 15h. Quand on lui a demandé quel était le plan, il a tout simplement répondu, "no plan" !!!! Cela résumait assez bien la situation. Nous sommes allés manger des "bouses" (sorte de pochon ravioli fourré à la viande, un pur délice), puis visiter un temple et enfin nous sommes revenus à l’appart où on a remballé nos affaires pour reprendre la route à 18h et sortir de cette ville infernale. Ce petit passage à Ulan Ude aura été du grand n’importe quoi, mais on en gardera un bon souvenir, et on gardera sûrement contact avec nos hôtes qui ne semblaient pas être perturbés par le temps (notre hôte devait aller en Chine où il travaille, il partira 2 jours plus tard que prévu, no problem….)

De Ulan Ude à Chita

Nous décidons de ne pas prendre la route M55 qui est la route principale et optons pour une route secondaire, dont le relief et la circulation sont moindres. Seul inconvénient, cette route n’est pas asphaltée tout du long. Nous avons donc mangé un peu de poussière. Ayant eu une réponse d’un couchsurfing sur Chita où nous avions prévu d’arriver le 19, nous nous sommes arrangés malgré le retard pour arriver le 19, et nous y sommes arrivés, fatigués certes mais contents, plus de 622km en 7 jours et demi, pour un début à vélo je trouve ça pas mal! La route était superbe, les paysages magnifiques, sur la fin, toute une région bordée de lacs et de marais. Des forêts de sapins, de bouleaux…. Un régal. Des gens toujours sympathiques. Une dame dans un magasin nous a offert nos courses, une autre avec son fils, est venue nous apporter des pots d’une sorte de ratatouille fait-maison car son fils, qui nous avait vus en ville dans un magasin, lui avait dit qu’il fallait venir nous parler, ils nous ont donc rejoints à la rivière à vélo où nous faisons le plein d’eau, tout excités par notre voyage. Un autre nous a offert une bouteille de lait, le préfet d’une région avec son équipe, nous a invités à manger sur le bord de la route où ils passaient, les femmes d’un resto nous ont offert une photo de Bouddha (la région de Bouriatie est bouddhiste, les gens ont un facies comme les mongoles et leur langue est similaire). Un écureuil a grignoté ma tente pour tenter d’atteindre un sac de bouffe qui était à l’intérieur, bref on aime la Sibérie, c’est juste beau, zen, on s’y sent bien, une béatitude et un sentiment de bien-être nous a envahis, pourvu que ça dure. Pour le moment nous avons plutôt trop chaud, mais je pense qu’on ne pourra pas en dire autant dans 1 mois, à suivre...

4 commentaires

  • Antoine dit :

    Fantastique Fantastique Fantastique …

    Que dire quoi , whoua !
    Aventure impossible à décrire , que je suit depuis peu. Peu de mots me viennent à l’esprit. Je suis bouche-bée, je lis, imagine, rêve, m’évade … Merci ! Merci non seulement pour le bonheur que tu nous fais partagé , mais aussi merci pour nous montrer que tout est vraiment possible si l’on en est convaincu.

    Ce soir je me reprend à rêver. Laissez cette vie de sédentaire qui commence seulement pour moi, j’ai 21 ans et viens seulement de finir mes études (entre nous qui ne m’ont guère passionnées…) , et partir, découvrir, s’émerveiller, galérer, rencontrer, vivre quoi ! Je suis en préparation d’un raid photo qui me fera parcourir 12 000 km direction le cap nord avec ma sœur (elle aussi à énormément voyagé en Asie, vécu 1 an et demie la-bas), et je me dis que sitôt revenu, je vais vouloir repartir, j’aurais presque besoin de repartir !

    Il est tard chez moi , demain je reprend le travail mais qu’importe, je vais continuer à explorer ce site, à voyager. C’est assez incroyable de ce dire que dans quelques années encore, tu seras toujours sur les routes du monde… Je m’en fiche, j’y serais moi aussi, et quand je n’y serai pas je lirais les futurs articles que tu écriras…

    Comment ne pas se prendre à rêver de te rejoindre, partager un bout de chemin avec toi, avant de nous même partir un jours. indescriptible sensation de frustration ce soir … Tout comme toi tu as eu des éléments déclencheurs pour cette aventure, peut-être auras tu été l’un des miens. peut-être que dans quelques années moi aussi je pourrais te citer avant de partir 🙂
    J’espère un jours avoir moi aussi la chance, le courage, les corones comme ont dit de me lancer comme toi. Je l’espère oui…

    J’ai l’impression de pouvoir écrire encore des lignes et des lignes tellement les images tournes dans ma tête, pourquoi pas moi , pourquoi pas moi ?!

    voilà, j’arrête là c’est mieux 😉
    un fan de plus
    merci encore 🙂

    Antoine

    • caro dit :

      😉 ben oui pourquoi pas toi!!!! merci pour ce merveilleux message je te souhaite de réaliser tes rêves tels qu’ils soient….

  • Antoine dit :

    Promis je ferait tout pour 😉
    en attendant, je rêve à travers ton aventure

  • AB dit :

    la Sibérie c’est le super trip et quelques pays dit « civilisés » feraient bien de regarder comment ce comporte ces gens merveilleux et très attachants….
    en France tu peux crever sur le bord de la route !
    merci pour tes merveilleux récits

Ajouter un commentaire

Top

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l‘utilisation de cookies destinés à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés.

En savoir plus X